Il est difficile de croire que lorsque les Séries Mondiales de Poker ont commencé, en 1970, il y avait moins de 50 tables de poker dans toute la ville de Las Vegas. Il n’y avait que 70 tables de poker dans tout l’état du Nevada. Le casino hôte, Binion’s Horseshoe, n’avait même pas de salon de poker. La compétition qui allait déterminer du premier champion mondial de poker fut tenu dans une alcôve de la grandeur d’une chambre d’hôtel normale. Une trentaine de mordu de poker se casèrent autour de quelques tables de poker. Ils ne le savaient pas à ce moment, mais ils faisaient partie de l’histoire en marche du poker.
Le patriarche du Horseshoe Casino et icône du poker, Benny Binion, est largement crédité d’avoir développé le format du championnat. Mais les honneurs devraient probablement revenir à deux hommes moins connus – Tom Moore et Vic Vickrey. Moore, un Texan, était en partie propriétaire du Holiday Casino à Reno. Vickrey était un initié du poker, un homme visionnaire avec de grandes idées et de grands rêves. En 1969, Moore et Vickrey invitèrent conjointement plusieurs joueurs de poker à Reno afin de participer au premier (et ce qui devait être le seul) Texes Gamblers Reunion. Parmi ceux qui jouèrent dans plusieurs parties à l’argent de grands paris, étalées sur plusieurs jours, nous pouvions compter Jimmy «The Greek» Snyder, Rudy «Minnessota Fats» Wanderone et Benny Binion. Quelques joueurs de poker remarquables furent aussi présents, incluant Doyle Brunson, « Amarillo Slim » Preston, Johnny Moss et Puggy Pearson. La semence qui allait un jour germer en Séries Mondiales de Poker était plantée.
À vrai dire, quelqu’un doit se demander si et comment le poker serait différent aujourd’hui si Moore et Vickrey avaient maintenu leur petite rencontre annuelle. À la place, ils passèrent l’opportunité d’être les hôtes l’année suivante. Décision qui s’avéra fatidique. Inspiré par ce qu’il avait vu à Reno quelques mois auparavant, Binion sauta sur ce qu’il envisageait être une opportunité en or.
La première Séries Mondiales de Poker, avec quelques joueurs sans plus, n’attira aucune attention du publique et pratiquement pas de couverture par la presse. Personne au-delà de Las Vegas n’était au courant des Séries Mondiales de Poker – ou n’était intéressé par son dénouement. Le champion mondial inaugural. Johnny Moss, ne gagna même pas de tournoi de poker. Il fut élu «joueur le plus complet» lors d’un vote par ses pairs après plusieurs jours de jeux à l’argent de grands paris.
Binion réalisa que des améliorations devaient être faites afin que les Séries Mondiales de Poker obtiennent le prestige que son titre suggérait. L’année suivante, les WSOP furent jouées en format «freeze-out». Sept joueurs de poker ont chacun payé des frais d’entrée de $5,000. Johnny Moss fût le grand gagnant du seul prix et, de par le fait même, conserva son titre de champion du monde.
Le poker possède une longue histoire pleine d’anecdote. Mais la victoire d’ «Amarillo Slim» Preston en 1972 restera comme un des moments les plus significatifs dans l’histoire du jeu. Même s’il n’était qu’un parmi une douzaine d’entrées cette année là, il gonfla son triomphe personnel en raz-de-marée de publicité qui inonda la nation. Par la suite, le Texan bavard devint le plus grand ambassadeur du poker. Il effectua une tournée publicitaire qui attira attention et prestige au WSOP pour la première fois. Durant la décennie suivante, Preston apparu au Tonight Show onze fois. Il joua aussi dans quelques films. Il écrit un livre best-seller. Avec Preston comme matador qui agite une cape rouge devant la presse, les WSOP avaient enfin capturé l’attention du public.
En 1973, CBS Sports télévisa les Séries Mondiales de Poker pour la première fois. Les images de la quatrième édition du championnat mondial annuel sont cocasses, d’après les standards d’aujourd’hui. Large revers à pois, grands favoris, et des cigares allumés font que la table finale ressemblait plus à une capsule historique, en rétrospective, qu’à une exhibition de futés de poker. Néanmoins, Puggy Pearson gagna une victoire bien méritée. Les WSOP furent aussi élargis pour inclure quatre événements préliminaires –le Stud à sept cartes, le Razz, le Tirage du 2 au 7, ainsi qu’un événement de Hold’em sans limite avec plus petite mise-de-fond. Pearson gagna également deux de ces événements. Effectivement, cette année fut très bonne pour M. Pearson.
Après que Johnny Moss ait gagné son troisième championnat l’année suivante, Doyle Brunson solidifia sa réputation en tant qu’un des meilleurs joueurs de poker en gagnant deux titres coup-sur-coup. Le prochain changement majeur au format fut institué en 1978 lorsque la bourse de l’événement majeur fut divisée pour la première fois. Les cinq premiers gagnants reçurent chacun un prix en espèces. Ce fut aussi la première année où une femme entra dans les WSOP. Barbara Freer devint la première joueuse à briser la barrière du sexe, prenant sa place parmi ce qui était une fraternité masculine.
La sensationnelle victoire d’Hal Fowler lors des WSOP de 1979 marqua la première fois qu’un joueur amateur l’emporta sur l’élite. Plusieurs joueurs de longue date furent aussi choqués qu’embarrassés du résultat de cette victoire. Mais la victoire de Fowler n’était qu’un signe avant-coureur des choses à venir durant les prochaines années. Suivant l’exemple de Fowler, un nombre grandissant de joueurs amateurs – incluant plusieurs joueurs d’outre-mer – commencèrent à faire le pèlerinage annuel vers Las Vegas entre avril et mai. Malheureusement, Fowler ne fut jamais capable d’apprécier le fruit de sa contribution aux WSOP. Il n’a plus joué dans les WSOP et fut pratiquement oublié par la suite.
Stu “The Kid” Ungar arriva sur la scène de poker comme une rafale de la force d’une tempête. Il fut le paratonnerre parfait pour électrifier ce qui était une enclave excentrique de Texans qui était habitués de gagner les championnats ainsi que l’argent s’y rattachant. Ungar gagna en 1980 et répéta l’exploit comme champion en 1981. Natif de New-York et tellement différent de ses pairs, les accomplissements d’Ungar étaient certains de générer encore plus de publicité pour le plus grand événement de jeu. NBC Sports envoyèrent une équipe de tournage afin de couvrir les WSOP de 1981, ce qui introduit le poker dans plus d’un millions de foyers pour la première fois.
Par 1982, les WSOP avaient augmenté le nombre d’événements préliminaires à onze. Un championnat mondial de femme fut ajouté au menu, en plus de l’événement principal à $10,000. En tout, les treize événements disputés cette année là donnèrent plus de $2.6 millions en prix aux meilleurs joueurs.
Durant les jeunes années de 1980, Jack Binion avait assumé les tâches quotidiennes quant au roulement du casino de son père Benny. Son protégé, le directeur de tournoi Eric Drache, donna au poker sa prochaine infusion lorsque le concept des satellites arriva en 1983. Attentif au fait que pour grandir, les WSOP auraient besoin de joueurs ordinaires, joueurs de tous les jours afin de remplir les sièges, les satellites permirent aux aspirants champions de venir et de compétitionner avec les meilleurs joueurs au monde. C’était une idée de génie – et ça fonctionna.
Durant les années qui suivirent, les WSOP continuèrent de grandir, en taille et en stature. Par 1987, le minuscule Horseshoe Casino était à peine assez grand pour être l’hôte de ce qui devint un spectacle mondial du jeu. Le champ de joueurs devint tellement grand qu’un segment des participants devait jouer dans des casinos adjacents, dont le Golden Nugget et le Four Queens. Lorsque la famille Binion acheta le casino voisin, le Mint Casino, ils purent enfin ouvrir un salon de poker à temps plein. Alors que le Binion’s Horseshoe semblait être la capitale de l’univers du poker, et que Benny Binion était son roi, l’homme largement responsable d’avoir débuté le tout s’éteignit, le jour de Noël 1989.
La mort de Benny Binion solidifia le rôle de son fils Jack comme l’incontestable porteur de flambeau des WSOP. Il recruta deux vétérans de poker respectés, Jim Albrecht et Jack McClelland afin de faire tourner les choses. Durant la décennie qui suivit, ils dominèrent les WSOP - chacun laissant sa marque sur ces tournois de manière distincte, incluant des améliorations à la structure, l’atmosphère, et la perception des WSOP par le public.
L’année suivante, les WSOP remirent leur premier prix d’un millions de dollars. L’Événement Principal attira aussi pour la première fois plus de deux cent joueurs. En dedans de cinq ans, trois cent joueurs entreront le championnat du monde.
Les douleurs de croissance se firent encore sentir en 1997. Le salon de poker du Horseshoe fut agrandit et inclut un espace de tournoi temporaire qui bloqua le stationnement de valet ainsi que l’entrée principale pour six semaine. Il n’y avait aucun autre endroit où mettre les WSOP. Les joueurs de poker prenaient littéralement chaque recoin d’espace du Horseshoe. Cette même année, la table finale du championnat fut jouée sur une énorme scène construite sur Fremont Street, sous le nouvel auvent électronique de plusieurs millions de dollars. Stu Ungar se joint à Johnny Moss en tant que joueur ayant gagné trois championnats mondiaux. Tristement, il décéda sans jouer dans un autre WSOP. Avec sa mort, au moins un record restera probablement intact.
Étrangement, la prochaine “onde de choc” du poker coïncidera avec la détérioration et le déclin du jadis renommé Horsehoe. Une séparation de la famille Binion résultera en l’exclusion de Jack des opérations des WSOP. Plusieurs meilleurs joueurs boycotteront le casino et le tournoi entre 1999 et 2002. Malgré son illustre histoire, de la controverse était grandement dû aux WSOP; et un nombre de disputes haut profil, entre les brasseurs et les joueurs, firent les manchettes.
Par 2003, les critiques commencèrent à suggérer que les meilleurs jours des WSOP étaient passés. Un nouveau rival, le World Poker Tour, commença à pousser pour l’affection des joueurs de poker et de son auditoire. Durant les premières semaines des WSOP de 2003, le champ de joueurs fut considérablement plus petit, dû à la compétition directe du WPT.
Puis, Chris Moneymaker gagna les Séries Mondiales de Poker et changea tout. Cette victoire brisa la vieille perception du jeu et ouvrit la porte à la plupart des changements en vigueur aujourd’hui. La victoire surprenante de Moneymaker se classe certainement comme une des plus importantes, sinon la plus critique de l’événement, dans les 38 ans d’histoire des Série Mondiales de Poker. Tout était en place pour la tempête parfaite. Un jeune homme attachant, avec lequel des milliers de joueurs de poker potentiels pouvaient s’identifier, ont pu apprécier un rêve devenu réalité. Et ce fut vu par des millions de téléspectateurs partout dans le monde sur ESPN.
Le poker entra dans une nouvelle ère suivant la victoire de Moneymaker. Du soir au matin, plusieurs joueurs de poker professionnels devinrent des célébrités – et soudainement, les célébrités voulurent devenir joueurs de poker. Le poker captiva l’imagination du public, et les Séries Mondiales de Poker devinrent la fenêtre par laquelle il pouvait observer le nouveau pays enchanté.
L’explosion des prix à gagner n’était pas trop pire non plus. Moneymaker gagna $2.5 millions pour sa victoire. L’année suivante, un autre amateur de poker, Greg Raymer, empocha $5 millions. L’année d’après, le grand prix fut de $7.5 millions. En fait, les Séries Mondiales de Poker avaient de tout pour tous, excitation, des millions de dollars en prix, prestige et notoriété internationale. Ce qu’ils n’avaient pas était le bon site pour accompagner leur croissance.
Une croissance sans précédent amena plusieurs changements. Binion’ Horseshoe fut vendu en 2004 et le Harrah Entertainment acquit les droits aux Séries Mondiales de Poker. Convenablement, la plus grosse compagnie de jeux était maintenant en charge du plus gros spectacle de poker. Cette acquisition ne pouvait venir à un meilleur temps. En 2005, les WSOP furent déménagées au très grand RIO All-Suites Casino and Hotel. Une plus grande superficie voulait dire que plus de tournois pouvaient être ajoutés à l’horaire. «Build it and they will come» (Bâtissez-le et ils viendront) devint le mantra corporatif. Et cela fonctionna. Des milliers de joueurs envahirent Las Vegas durant les années qui suivirent, excédant grandement même les prévisions les plus optimistes pour les présences et les prix en argent.
Par 2006, les Séries Mondiales de Poker comprenaient 45 tournois, tous attribuant des bracelets en or aux gagnants. Beaucoup plus que $100 millions de dollars en prix fut gagné, faisant des WSOP l’événement le plus riche de tous les sports. Jamie Gold vaincu le plus grand champ de joueurs de l’histoire lorsqu’il battu 8,772 joueurs et gagna $12 millions en tant que premier prix cette année, surpassant les paiements d’événements tels que Wimbledon, le Masters et le Kentucky Derby – combinés!
Les Séries Mondiales de Poker se sont aussi développées au-delà de Las Vegas, à près d’une douzaine de casinos situés partout aux États-Unis. Le nouvellement créé Circuit des Séries Mondiales de Poker donne, aux joueurs de poker au niveau national, l’opportunité de participer à cette grande tradition de poker.
Les grosses sociétés l’ont aussi remarqué. Ce qui auparavant était une sous-culture intouchable, rejetée par les publicistes et autres partenaires d’affaire, est soudainement devenu une cible démographique en demande. Des compagnies de bières, manufacturiers d’automobiles, et autres entreprises populaires, sont maintenant enthousiastes à s’associer au succès des Séries Mondiales de Poker. Incroyablement, la prochaine chose à l’horizon pour les Séries Mondiales de Poker serait un autre boom. Jeffrey Pollack est le commissaire actif, un titre longtemps associé aux ligues de sports professionnelles prospères. Plus tard cette année (2006), les Séries Mondiales de Poker s’agrandiront jusqu’en Europe. Et en 2007, les Séries Mondiales de Poker offriront 55 événements à bracelets en or; par toute mesure, le plus grand et le plus ambitieux des événements de poker jamais tenu dans l’histoire du monde.
Mais quelques critiques semblent croire que la popularité du poker a atteint le sommet. Certaines personnes croient que les Séries Mondiales de Poker ne peuvent possiblement devenir plus grosses. Un petit conseil, basé sur sa longue et riche histoire, ne gager pas contre.
*Nolan Dalla est le directeur des médias pour les Séries Mondiales de Poker depuis 2002. Il est l’ancien directeur des relations publiques pour le Binion’s Horseshoe. Il écrit fréquemment pour le poker et le jeu et demeure à Las Vegas.
*Le gagnant de leur premier tournoi quotidien se qualifie directement pour le prochain tournoi d’étape